WIMBLEDON : RETOUR GAGNANT POUR ARTHUR FILS

Éloigné des courts depuis son forfait à Rome le 9 mai dernier, Arthur Fils retrouvait la compétition hier et n’a pas manqué de fêter son retour comme il se doit. En s’offrant la première victoire en trois sets de sa carrière en Grand Chelem, le numéro un français n’a laissé aucune chance au Belge Raphaël Collignon (43e mondial), balayé en seulement 1h37 (7-5, 6-1, 6-3). Un succès net et sans bavure qui l’envoie au deuxième tour de Wimbledon, où Matteo Berrettini, tombeur de Stan Wawrinka, l’attend désormais.

 

« Si seulement Arthur avait été là… ». Qu’est-ce qu’on l’a répétée, cette phrase, il y a quelques semaines à Roland Garros. Jour après jour, à mesure que le tableau s’ouvrait et que les favoris tombaient les uns après les autres, l’absence d’Arthur Fils devenait plus frustrante encore, plus cruelle. Il faut dire que le Français traversait probablement la meilleure période de sa jeune carrière avant que son corps ne le rattrape une nouvelle fois. Un titre à Barcelone en ATP 500, une demi-finale en Masters 1000, des performances de très haut niveau et cette impression de voir enfin éclore celui qui doit incarner l’avenir du tennis français.

Mais de son côté, Arthur Fils n’a pas cédé à la précipitation, contrairement à l’an dernier. En 2025, il avait voulu terminer coûte que coûte son deuxième tour à Roland-Garros face à Jaume Munar, malgré une immense douleur au dos. Une décision qui, bien que courageuse sur le moment, avait fini par condamner le reste de sa saison et le début de la suivante. Cette fois, le Français a retenu la leçon. On fermera pour le moment les yeux sur un détail un peu inquiétant : le 24e mondial n’a toujours pas souhaité dévoiler la nature exacte de sa blessure« pour ne pas qu’on parle que de ça », expliquait-il récemment, laissant planer le doute sur un possible nouveau pépin au dos. Mais aujourd’hui, l’essentiel est ailleurs. Arthur Fils est de retour. Et pas n’importe où. Il est de retour à Wimbledon. Son premier grand chelem de la saison d’abord, mais surtout celui où il avait signé son meilleur parcours de sa jeune carrière en Grand Chelem : un huitième de finale en 2024. Une affection pour le gazon londonien qu’Arthur n’a pas tardé à rappeler sur le court nº15 face à Raphaël Collignon hier après-midi. 

SANS ACCROC

Concentré dès les premiers échanges et poussé par un public britannique qui ne pouvait s’empêcher de murmurer de nombreux « so good » face à ses nombreux coups d’éclats, Arthur Fils a d’abord dû faire preuve de patience ce mardi. Malgré de nombreuses occasions de break dans la première manche, le Français a dû attendre le dernier jeu pour voir son adversaire du jour craquer sous la pression en lui offrant le premier set sur une double faute. 

Une fois la première manche en poche, Arthur Fils a peu à peu pris le contrôle des débats jusqu’à faire basculer ce duel en une véritable démonstration. Libéré, l’Essonnien est progressivement monté en puissance jusqu’à asphyxier son adversaire, alternant entre gifles en coup droit et accélérations en revers. Et comme si cela ne suffisait pas, son service, parfois irrégulier, a lui aussi franchi un cap avec une première balle flirtant avec les 195 km/h de moyenne, lui permettant de remporter pas moins de 84 % des points derrière celle-ci. En retour également, le Français a constamment mis la pression sur le Belge, tout en affichant une solidité remarquable dans les moments chauds avec cinq balles de break sauvées.

Mais quel plaisir de retrouver ce coup droit. Toujours aussi brutal, toujours aussi lourd, capable de faire reculer n’importe quel adversaire. Et que dire de son jeu de jambes, particulièrement rassurant pour un joueur qui disputait son premier match depuis près de deux mois. Explosif dans ses déplacements, léger sur ses appuis, précis dans ses courses, le Français n’a jamais laissé paraître la moindre gêne physique. Une copie plus que convaincante pour Arthur, à peine de retour à la compétition. 

Seule petite ombre au tableau, si on veut pinailler un peu : un léger relâchement au moment de servir pour le match qui a permis à Collignon de revenir à 5-3, mais rien de plus. Le Français a immédiatement repris le contrôle pour conclure sur un ultime break et signer sa première victoire en trois sets dans un tournoi du Grand Chelem. 

 

Plus qu’un simple retour gagnant pour notre Frenchie, ce premier tour n’a finalement fait que confirmer une impression déjà bien installée : lorsque son corps le laisse tranquille, Fils joue davantage comme le 7e joueur mondial, place qu’il occupe actuellement à la Race, que comme le 24e que reflète encore son classement ATP. Mais le plus difficile commence maintenant. Le numéro un tricolore n’a pas été épargné par le tirage au sort et devra maintenir ce niveau de performance sur les deux semaines à venir s’il veut s’offrir un parcours à la hauteur de son talent. Prochain obstacle sur sa route :  Matteo Berrettini, dès jeudi. 


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