FRANCE 3-0 IRAK : LES BLEUS EN SEIZIÈMES, MBAPPÉ REJOINT KLOSE 

Victorieuse 3 buts à 0 face à l’Irak dans un match inédit, interrompu pendant près de deux heures à cause des fortes pluies et des éclairs au-dessus de Philadelphie, l’Équipe de France a validé son ticket pour les seizièmes de finale de cette Coupe du monde 2026. Portés par un nouveau doublé de Kylian Mbappé, désormais à hauteur de Miroslav Klose avec 16 buts en Coupe du monde, et par une première réalisation d’Ousmane Dembélé en grande compétition avec les Bleus, les hommes de Didier Deschamps poursuivent leur sans-faute. Michael Olise, lui, compte déjà quatre passes décisives dans ce Mondial. Le rêve américain se passe pour le moment à merveille. 

 

Si ce France-Irak paraissait être une rencontre de Coupe du monde comme une autre sur le papier, il fera sans doute partie de ces matchs dont certains pourront dire : « J’y étais. » Pour le doublé de Kylian Mbappé lors de sa 100e sélection d’abord. Pour le premier but d’Ousmane Dembélé dans un tournoi majeur avec les Bleus ensuite. Mais surtout pour cette interruption aussi longue qu’exceptionnelle qui aura vu seuls les plus patients — et ceux qui n’avaient manifestement rien prévu le lendemain — rester devant leur télévision jusqu’au bout de la nuit pour leurs Bleus. Et leurs Bleus ne les ont pas déçus. Pourtant, on pouvait craindre une seconde période brouillonne. Une pelouse détrempée, deux heures d’arrêt, des organismes coupés dans leur élan et une fin de première période qui avait progressivement perdu en intensité : tous les ingrédients semblaient réunis pour assister à une reprise laborieuse. Il n’en a rien été. Très vite, les Français sont revenus sur la pelouse avec une envie manifeste de jouer, de combiner et de faire mal. Sérieux comme toujours sous Didier Deschamps, mais également libérés, tout sourire. En quelques minutes seulement, ils ont balayé les doutes qui pouvaient encore subsister et rappelé une évidence : physiquement, l’écart entre les deux équipes était immense. Là où l’Irak peinait à retrouver son rythme, les tricolores avaient déjà relancé la machine. Neuf minutes après la reprise, Ousmane Dembélé exploitait à merveille une erreur irakienne pour offrir sur un plateau d’argent le doublé à son capitaine Kylian Mbappé. Dix minutes plus tard, après plusieurs séquences collectives de très haut niveau entre les trois stars offensives françaises, le Ballon d’Or inscrivait à son tour son premier but dans ce mondial et mettait définitivement fin au suspense.  

CAPTAIN AMERICA

Certains voulaient le voir débuter ce mondial américain sur le banc. Et le plus fou, c’est qu’ils semblaient réellement convaincus par leur idée. Deux matchs plus tard, Kylian Mbappé a déjà rappelé à tout le monde pourquoi il est le visage de cette équipe de France. Pourquoi il est son capitaine. Et surtout, à quel point la Coupe du monde fait ressortir chez lui une version encore supérieure à celle que l’on connaît le reste du temps. Car c’est une performance de haut vol au-delà même de son doublé. Son leadership commence désormais bien avant le coup d’envoi, en zone mixte, où le meilleur buteur de l’histoire de l’Équipe de France a livré une conférence de presse remarquable. Protecteur avec ses coéquipiers, notamment Ousmane Dembélé pointé du doigt par les critiques, capable de s’effacer ou de s’autocritiquer si nécessaire et porteur de messages fédérateurs, le capitaine français semble enfin avoir pris toute la mesure de son rôle de leader. Et sur le terrain, les paroles ont été suivies des actes. Impliqué défensivement, fidèle à ce qu’il avait annoncé quelques jours plus tôt, Mbappé n’a jamais donné l’impression de vouloir surjouer ou monopoliser le ballon comme cela pouvait arriver. Au contraire. Son entente avec Michael Olise continue de grandir, tandis que sa connexion avec Ousmane Dembélé devient elle aussi de plus en plus intéressante. Les trois hommes ont multiplié les combinaisons, notamment sur cette magnifique action conclue par une frappe d’Olise sur la barre transversale. Dans ses appels, dans ses déplacements, dans son intelligence de jeu, Mbappé a une nouvelle fois donné l’impression d’être parfaitement connecté à son équipe. Et puis, l’impression visuelle, c’est bien. Mais avec le numéro 10 français, il y a les chiffres. Deux nouveaux buts, une superbe frappe du pied gauche pour ouvrir le score, un second but beaucoup plus simple après l’offrande de Dembélé. Avec 16 buts en autant de matchs de Coupe du Monde, Mbappé rejoint Miroslav Klose et dépasse Ronaldo Nazário. C’est Kylian Mbappé en Coupe du monde, et le monde entier va devoir s’y faire, à notre plus grand bonheur. Quelques heures plus tôt, Lionel Messi avait lui aussi signé un doublé avec l’Argentine. Mbappé lui a répondu à distance. À seulement 27 ans, le natif de Bondy continue d’accumuler des statistiques qui semblent défier toute logique. Cent sélections. Cent contributions décisives. Seize buts en Coupe du monde. Et surtout cette impression persistante que, lorsque le niveau monte et que la pression devient écrasante, le capitaine des Bleus répond toujours présent.

LE RÉVEIL DU BALLON D’OR

Mais si Mbappé brille autant, c’est aussi parce qu’il peut compter sur des lieutenants diablement redoutables autour de lui. Et le principal enseignement de cette soirée concerne peut-être Ousmane Dembélé. Sans cesse critiqué en sélection, parfois sévèrement mais souvent à raison, le Ballon d’Or cherchait encore sa place dans cette équipe de France malgré son statut. Son début de rencontre n’a d’ailleurs pas totalement dissipé les doutes. Comme face au Sénégal, plusieurs pertes de balle, des imprécisions techniques et cette sensation de ne jamais totalement trouver le bon tempo. Puis la longue interruption est arrivée. Et si elle a fait du bien à quelqu’un, c’est probablement au numéro 7. Au retour des vestiaires, Dembélé est apparu transformé. Plus juste techniquement, mobile, connecté à ses partenaires. Il offre d’abord le deuxième but à Mbappé avant de s’offrir lui-même sa première réalisation dans une grande compétition avec les Bleus sur un nouveau service de l’inévitable Michael OliseL’offrande de Dembélé pour son capitaine raconte d’ailleurs bien plus de choses qu’une simple passe décisive. Après son pressing, Dembélé récupère un ballon que 99% des attaquants auraient tenté de convertir en but eux-mêmes, et sans doute avec succès. Pourtant, alors qu’il n’avait toujours jamais marqué en Coupe du monde et qu’il restait sous le feu des critiques après plusieurs sorties décevantes sous le maillot bleu, le Ballon d’Or choisit de lever la tête et d’offrir le but à son coéquipier. Un geste altruiste qui en dit long sur son état d’esprit et sur sa volonté de se mettre au service du collectif avant toute considération personnelle. Mais surtout, on a enfin aperçu ce que cette attaque française peut devenir. Là où l’on observait principalement une connexion Mbappé-Olise face au Sénégal, les trois hommes ont cette fois fonctionné ensemble. Les permutations étaient fluides, les combinaisons plus naturelles et les circuits offensifs beaucoup plus cohérents et imprévisibles. Encore une fois, la prestation de Dembélé n’est pas parfaite. Mais cette seconde période ressemble peut-être au match qui peut enfin le lancer dans ce Mondial et, plus généralement, sous le maillot tricolore. Et l’équipe de France aura besoin de la meilleure version de son Ballon d’Or pour espérer aller au bout. 

UNE FRANCE REMANIÉE MAIS APPLIQUÉE

Pour ce deuxième match de groupe, face à un adversaire largement à la portée de nos vice-champions du monde, Didier Deschamps avait choisi de faire démarrer quelques nouveaux visages. Manu Koné, d’abord, continue d’envoyer des signaux extrêmement positifs. Remplaçant d’Aurélien Tchouaméni au coup d’envoi, le milieu français a livré une prestation très mature. Propre techniquement, agressif à la récupération et toujours disponible pour offrir une solution, le jeune Romanista joue déjà comme un tonton et semble aujourd’hui capable de bousculer la hiérarchie. Aligné sur le flanc gauche de la défense à quatre, Lucas Digne a lui aussi répondu présent. L’adversité était certes différente de celle à laquelle Théo Hernandez avait dû faire face contre le Sénégal mardi dernier, mais le latéral gauche a rendu une copie sérieuse. Suffisamment sérieuse en tout cas pour mériter sans doute un nouveau test face à la Norvège avant les matchs à élimination directe. Bradley Barcola, enfin, a encore montré pourquoi il représentait une arme précieuse. Même sans être décisif, ses appels incessants et sa capacité à attaquer la profondeur ont constamment mis la défense irakienne sous pression. En bref, que l’ailier gauche titulaire soit Barcola ou Doué, Didier Deschamps peut lui faire confiance pour déstabiliser le bloc adverse et ne pas rechigner sur les efforts. Mais le Français le plus impressionnant depuis le début du tournoi est peut-être ailleurs. Match après match, Dayot Upamecano s’impose comme le véritable patron de cette équipe. Infranchissable dans les duels, jamais pris dans son dos, toujours agressif sans être dépassé, le Bavarois enchaîne les prestations de très haut niveau. Et il ne se contente pas de défendre. Sa qualité de relance longue devient une arme supplémentaire pour l’équipe de France, à l’image de sa magnifique ouverture vers Barcola hier soir ou de son ballon parfait pour Doué juste avant le premier but d’Olise contre l’Irlande du Nord en préparation. Face à des blocs regroupés, sa capacité à casser des lignes directement depuis la défense devient un atout considérable. Après deux journées, Upamecano est peut-être tout simplement le Français le plus constant de ce Mondial.

Comme face au Sénégal, la France a terminé son match bien mieux qu’elle ne l’avait commencé. La tendance devient suffisamment nette pour qu’on y voie autre chose qu’une simple coïncidence. Les hommes de Didier Deschamps semblent progressivement étouffer leurs adversaires, physiquement comme mentalement. Subir pendant quatre-vingt-dix minutes contre des joueurs de cette qualité finit inévitablement par créer des brèches. Et lorsque les mécanismes collectifs peinent à fonctionner, les individualités prennent le relais. Un appel de Mbappé, une passe d’Olise ou une inspiration de Dembélé. Cette Équipe de France possède suffisamment de talent pour débloquer une rencontre en un éclair. Reste que tout n’est pas encore parfaitement maîtrisé. S’il est logique de mettre en avant la montée en puissance lors des secondes mi-temps, il serait malhonnête de ne pas pointer du doigt la mise en route parfois douteuse des Bleus. Face au Sénégal, la France avait mis une mi-temps à entrer dans son tournoi. Hier soir, après vingt premières minutes très convaincantes, elle a traversé une période brouillonne avant l’interruption. Contre des adversaires d’un calibre supérieur, ces temps faibles pourraient coûter beaucoup cher et devenir difficiles à compenser, malgré tout le talent de cette équipe. Mais pour l’instant, les hommes de Didier Deschamps affichent une attitude irréprochable avec du sérieux, de l’implication et une capacité à monter en puissance au fil des rencontres. Les Bleus sont concentrés, impliqués et pleinement investis dans leur compétition.  

 

On attendait six points, des buts et un grand Kylian Mbappé. Pour l’instant, l’Équipe de France coche toutes les cases. Sérieux, appliqués et déjà qualifiés pour les seizièmes de finale, les Bleus abordent désormais le dernier choc de leur phase de poule. Tous les regards se tournent vers la Norvège d’Erling Haaland vendredi prochain, avec un enjeu simple : s’emparer de la première place du groupe avant d’entrer dans la phase à élimination directe. 


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