ARGENTINE 3-0 ALGÉRIE : MESSI ÉTERNEL, L’ALBICELESTE FRAPPE FORT

Portée par un Lionel Messi historique, auteur d’un triplé, l’Argentine a largement dominé l’Algérie (3-0) pour son entrée en lice dans cette Coupe du monde 2026. Grâce à ses trois réalisations, le capitaine albicéleste rejoint Miroslav Klose en tête du classement des meilleurs buteurs de l’histoire du Mondial avec 16 buts. 

 

Une semaine. C’est ce qui sépare Lionel Messi de son trente-neuvième anniversaire. Et pourtant, au beau milieu de la nuit américaine, alors que seuls les amoureux du football étaient encore éveillés, yeux fatigués et café à la main, le plus grand joueur de l’histoire a une nouvelle fois fait trembler la planète football. Et pourtant, personne n’attendait un été exceptionnel de la part de l’Argentin. Un éclair de génie par-ci, un coup d’éclat par-là, peut-être. Mais guère plus à titre individuel. Car Lionel Messi a déjà tout accompli. Deux Copa América, quatre Ligues des champions, huit Ballons d’Or, … Puis cette Coupe du monde remportée au Qatar qui semblait avoir définitivement refermé le débat du plus grand joueur de tous les temps. Mais Lionel Messi continue d’écrire l’histoire.

LE GÉNIE N’A PAS D’ÂGE

Avant même qu’il ne débute, le Mondial de la Pulga était pourtant entourée d’interrogations autour de son état physique après une saison marquée par des allers-retours entre le terrain et l’infirmerie. Son âge, évidemment, pesait également dans la balance. Lui-même entretenait le doute il y a encore quelques mois, allant jusqu’à plaisanter sur sa présence dans la liste finale. La réponse est venue du terrain. Trois buts. Une nouvelle démonstration. Une 200e sélection célébrée de la plus belle des manières. Et surtout, une nouvelle page écrite dans la légende de la plus grande des compétitions. Grâce à son triplé, Messi rejoint Miroslav Klose avec 16 buts en Coupe du monde et devient, pour le moment, le co-meilleur buteur de l’histoire du tournoi. Le plus impressionnant n’est peut-être même pas le chiffre. C’est la manière. Cette capacité à ralentir le temps, à faire disparaître les années. À donner l’impression que rien ne change alors que tout devrait pourtant avoir changé après deux ans en dehors de la crème du football mondial. Installé à Miami depuis désormais deux saisons, loin de l’agitation mais aussi de l’exigence permanente du football européen, Lionel Messi semblait peu à peu disparaître des radars médiatiques. Mais le génie, lui, ne disparaît jamais. Il attend simplement son heure. Et lorsque la Coupe du monde commence, Lionel Messi répond présent.

 

LE RAPPEL DU CHAMPION DU MONDE

Si Lionel Messi a naturellement capté toute la lumière, réduire cette victoire argentine à son seul triplé serait une erreur. Car cette Argentine continue d’impressionner par ce qui fait sa plus grande force depuis maintenant plusieurs années : son collectif. Championne du monde en titre, double championne d’Amérique du Sud et numéro un au classement FIFA, l’Albicéleste traverse probablement le cycle le plus impressionnant du football international actuel. Et paradoxalement, elle semblait passer derrière certaines sélections européennes lorsqu’il s’agissait de désigner son favori au sacre. L’Espagne, la France, l’Angleterre voire le Portugal faisaient parfois passer l’Argentine au second plan. Mais face à l’Algérie, les hommes de Lionel Scaloni ont rappelé pourquoi ils figuraient parmi les principaux favoris à leur propre succession. Il y a sans doute des effectifs plus talentueux sur le papier, des équipes avec davantage de stars. Mais rares sont celles qui affichent une telle cohérence, une telle force collective. Chaque joueur connaît son rôle, chaque déplacement semble répété depuis des années. Pour cause, l’effectif n’a que très peu changé depuis Lusail. Au milieu de terrain, Rodrigo De Paul a livré une prestation remarquable. Impliqué dans le pressing, précieux dans l’utilisation du ballon, il est à l’origine de l’ouverture du score grâce à une magnifique passe entre les lignes pour Messi. Comme son capitaine, le milieu de terrain évolue désormais en MLS. Comme lui, il semblait avoir disparu des conversations, et comme lui, il a rappelé qu’il restait un joueur de très haut niveau. Même sans Ángel Di María, parti depuis le sacre qatari, Messi continue d’être entouré de fidèles soldats. Des joueurs talentueux, disciplinés et totalement dévoués à la cause collective. Et c’est peut-être ça qui rend cette Argentine aussi dangereuse.

 

LE PLAFOND DE VERRE ALGÉRIEN

Pour l’Algérie, cette entrée en lice ressemble à un rappel brutal. Douze ans après leur dernière participation à une Coupe du monde,  les Fennecs rêvaient d’un retour marquant sur la plus grande scène du football. Elle repart avec une leçon. Aucun tir cadré. Très peu de situations dangereuses. Et surtout une impression d’impuissance presque totale face au rythme imposé par les champions du monde. La défaite en elle-même n’a rien d’infamant. Perdre contre l’Argentine arrive à beaucoup de monde. Surtout avec un Lionel Messi dans un tel état de grâce. C’est davantage la manière qui interroge. Car dans cette Coupe du monde, les autres représentants africains ont montré un visage bien différent. Le Maroc a tenu tête au Brésil. Le Sénégal a longtemps mis la France en difficulté, la République démocratique du Congo a tenu en échec le Portugal, de même pour l’Égypte face à la Belgique. L’Algérie, elle, n’a jamais semblé capable de rivaliser. Les Fennecs se heurtent une nouvelle fois à ce plafond de verre déjà aperçu lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations face au Nigéria. Lorsque le niveau s’élève, lorsque l’adversaire appartient véritablement à l’élite mondiale, l’écart est trop important. Cette sélection possède du talent. Elle possède quelques individualités intéressantes. Mais elle reste aujourd’hui loin du cercle très fermé des meilleures nations de la planète. Et la victoire de l’Autriche face à la Jordanie complique déjà la situation. Dernière de son groupe après cette première journée avec une différence de but qui ne jouera pas en sa faveur, l’Algérie n’a désormais plus beaucoup de marge d’erreur. 

 

L’Argentine, elle, n’a pas seulement gagné. Elle a envoyé un message. Celui d’une équipe championne du monde qui n’a rien perdu de sa maîtrise collective. Et celui d’un Lionel Messi qui, à une semaine de ses 39 ans, continue de défier le temps. L’Albicéleste repart de Kansas City avec trois points et une nouvelle démonstration qui rappelle à tout le monde, qu’une fois encore, elle sera l’une des équipes à battre lors de ce mondial.


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