FRANCE 1-1 ITALIE : UN NUL À L’ITALIENNE

A la tête des Bleus depuis trois semaines, Zinédine Zidane fêtait son retour au Stade de France vendredi face à l’Italie de Roberto Mancini. Un duel entre deux rivaux historiques, mais surtout une occasion pour le sélectionneur de prolonger une belle série après ses deux victoires inaugurales. Malgré une domination globale et un chef d’œuvre de son homme du moment, Michael Olise, ZZ devra finalement se contenter du nul (1-1).

 

Un quart de finale remporté aux tirs au but en 1998, une finale iconique de l’Euro 2000, et puis bien sûr 2006, sa panenka, mais surtout, ce coup de boule sur Materazzi… quoi de mieux qu’un France-Italie pour les retrouvailles de Zinédine Zidane avec le public français ? Ovationné par les 73 000 personnes présentes au Stade de France, Zidane honorait sa troisième rencontre en tant que sélectionneur avec un objectif clair : remporter son troisième match de suite après les victoires d’un but en Turquie et en Belgique. Pour ça, Zizou avait aligné le parfait mélange de ses deux dernières compositions, avec les apparitions de Kalulu, Jacquet et Da Cunha dans ce qu’on devine petit à petit être l’équipe type des Bleus. 

DOMINER N’EST PAS GAGNER

« On méritait mieux ». Ce sont les mots de Zidane en zone mixte, quelques minutes après le frustrant match nul de son équipe un but partout. Et il n’avait pas tort : dès les premières minutes, la France a donné le ton avec un pressing haut, laissant les Italiens cloitrés dans leurs 25 premiers mètres avec une seule option, dégager loin devant. Malgré cette domination territoriale, c’est bien Moïse Kean qui, dès la 7e minute de jeu, a raté l’immanquable devant la cage quasi vide de Mike Maignan à la suite d’une contre-attaque éclair des siens. Une première alerte qui illustre parfaitement une rencontre dominée par les Bleus, mais où ils n’ont jamais réellement réussi à se créer de très grosses occasions, butant sur un Donnarumma en état de grâce chaque fois qu’elles se sont présentées. De la possession, certes, mais parfois trop stérile, avec des mouvements prévisibles et une équipe qui peine souvent à trouver la passe qui déstabilise l’adversaire. Vendredi soir, la France a donné l’impression de tourner autour du bloc italien, sans parvenir à réellement le fissurer.

Paradoxal pour une équipe qui, depuis l’arrivée de Zidane, et même depuis le dernier Mondial, se veut résolument offensive. Un problème particulièrement illustré par la performance d’un joueur vendredi soir : Ousmane Dembélé. Encore aligné en pointe, le Ballon d’Or a livré une nouvelle prestation compliquée, dans la lignée de son dernier match face à la Turquie. Parfois intéressant dans ses décrochages et dans l’orientation du jeu, Dembélé s’est montré beaucoup trop imprécis dans le dernier geste, à l’image de son immense occasion manquée alors que le tableau d’affichage était encore vierge.

Zidane, lui, ne semble pas particulièrement inquiet : « Ousmane fait du Ousmane, je suis content, il bouge beaucoup, il sort très souvent de sa position et c’est ce qui nous intéresse ». Reste que Dembélé devra élever son niveau pour justifier le décalage de Kylian Mbappé sur l’aile. Derrière lui, Désiré Doué a une nouvelle fois été intéressant. Perturbant à chaque prise de balle, capable de provoquer son vis-à-vis et de faire avancer les siens, le Parisien a souvent semblé trop seul sur son flanc gauche, un peu délaissé par un Rayan Cherki, beaucoup moins pertinent, trop excentré sur le côté droit de Michael Olise. Olise, justement, aura été le principal rayon de soleil offensif de la soirée. Le Bavarois a décanté d’une frappe lumineuse un match qui s’enlisait peu à peu, faisant exploser le Stade de France. Une nouvelle fois, le Français a rappelé sa capacité à faire basculer une rencontre sur une inspiration, un coup d’éclat.

Dans une soirée où l’attaque n’aura pas été en réussite, un absent s’est forcément fait sentir : de Kylian Mbappé. La France aurait-elle gagné avec lui ? Pas sûr. Mais on dit souvent que les absents ont toujours raison, et difficile de ne pas penser au capitaine français lorsqu’on voit les occasions manquées par les Tricolores et les difficultés rencontrées dans les derniers mètres.

DEVANT ÇA COINCE, DERRIÈRE ÇA TIENT

Trois matchs, trois buts : un seul par rencontre depuis l’arrivée de Zidane. L’équipe de France a beau être portée vers l’avant, proposer du beau jeu, elle peine encore à être létale dans les derniers mètres. Et paradoxalement, alors qu’elle est bien plus tournée vers l’attaque que sous Didier Deschamps, c’est peut-être défensivement que cette nouvelle France rassure le plus. L’égalisation italienne est d’ailleurs venue d’une erreur plus que d’un réel problème défensif. Une passe douteuse de Rabiot a mis Da Cunha dans la panade, le comasque a manqué son contrôle sous pression et laissé Bastoni filer face au but français. Mais derrière cette erreur, les garanties restent nombreuses. Jérémy Jacquet a encore affiché beaucoup de caractère pour un joueur si peu expérimenté en sélection, agressif dans les duels et volontaire dans ses interventions. À ses côtés, Dayot Upamecano a livré une prestation de patron, comme à chaque match. Solide, puissant et particulièrement présent dans les duels, le défenseur du Bayern a même été ovationné par le Stade de France, malgré son carton rouge dans les dernières minutes. Sur les côtés, Kalulu et Truffert ont eux aussi apporté des garanties, confirmant une nouvelle fois que cette équipe de France possède déjà une base défensive solide.

 

La France n’a pas gagné. Mais elle a peut-être encore appris quelque chose sur ce qu’elle veut devenir. Il ne reste désormais qu’un dernier rendez-vous pour cette première trêve internationale de l’ère Zidane. Lundi soir, au Stade de France, les Bleus retrouveront la Belgique, une semaine après leur victoire à Bruxelles, pour le quatrième et dernier match de ce rassemblement.


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