REAL MADRID 2025/2026 : LE RECIT D’UNE SAISON CHAOTIQUE

Le 16 juillet 2024, Kylian Mbappé était présenté dans un Santiago Bernabéu plein à craquer, adulé par le club de ses rêves, alors champion d’Europe en titre. Presque deux ans plus tard, le Français est entré sous les sifflets de ses propres supporters lors de la réception d’Oviedo, symbole d’un mariage au timing douteux. Deux ans, aucun trophée majeur remporté, un projet en chute libre avec Mbappé en tête d’affiche : récit d’une saison 2025-2026 chaotique.

 

Malgré deux Ligues des champions remportées en quatre ans avec Carlo Ancelotti, le Real Madrid ressent le besoin de changer d’air. Après un exercice 2024-2025 difficile, marqué par une acclimatation tardive de Kylian Mbappé, une élimination prématurée en quart de finale de Ligue des champions, plusieurs humiliations infligées par le Barça et une « république des joueurs » de plus en plus pointée du doigt, les Merengues se séparent de l’entraîneur italien. Son successeur semble tout trouvé : Xabi Alonso. Ancien de la maison blanche, vainqueur de la coupe aux grandes oreilles sous le maillot madrilène, entraîneur à succès du côté du Bayer Leverkusen grâce à un football léché et des principes tactiques forts, l’Espagnol est courtisé dans toute l’Europe. Tout paraît aligné. Pourtant, tout va très vite mal tourner.

9 JUILLET 2025 – COUPE DU MONDE DES CLUBS

Tombeur de la Juventus et du Borussia Dortmund, le nouveau Real version Xabi Alonso s’avance vers son premier test : le Paris Saint-Germain de Luis Enrique, tout fraîchement sacré champion d’Europe. L’affiche est symbolique. D’un côté, Kylian Mbappé, parti un an plus tôt pour réaliser son rêve et remporter la ligue des champions avec son club de cœur. De l’autre, un PSG qui a enfin décroché le graal du foot européen… sans Kylian Mbappé. Mais au-delà du symbole, cette rencontre doit surtout permettre de jauger le niveau réel du Real Madrid à la genèse de son nouveau projet. Et la réponse est brutale pour Xabi Alonso.

En 24 minutes, le PSG plie la rencontre et mène déjà 3-0, sans forcer. Les Parisiens corseront même l’addition en marquant un quatrième but en fin de match. Le constat est clair : Les Merengues sont encore très loin du gratin européen. Aussi bien dans les intentions individuelles que dans les principes collectifs. Pour autant, personne ne panique encore. Xabi Alonso vient d’arriver, il tente d’inculquer des idées nouvelles, impose des exigences tactiques fortes à un groupe qui n’en a pas l’habitude et utilise cette fenêtre américaine comme laboratoire avant la reprise du championnat. Le « vrai » Real Madrid doit naître à partir du mois d’août. Un raisonnement qui semble donner raison aux Merengues… du moins c’est ce que l’on a cru un temps.

26 OCTOBRE 2025 – PREMIER CLASSICO ET PREMIER ORAGE

Après une première grosse alerte contre l’Atlético de Madrid en septembre – défaite 5-2 – les Madrilènes retrouvent la voie du succès et s’avancent vers le premier classico de la saison sur le fauteuil de leader de Liga, en pleine confiance. Malgré tout, cette gifle subie dans le premier véritable choc de la saison en championnat soulève déjà certaines interrogations : le Real Madrid bat les équipes inférieures sans trembler, mais vacille lourdement dès que le niveau s’élève, comme face au PSG en juillet. Un premier signal inquiétant sur les certitudes de cette équipe. Mais si les premiers doutes apparaissent, les Madrilènes sont déterminés et revanchards à l’approche de l’affrontement avec leur ennemi de toujours. Battus lors de tous les Clasicos la saison précédente, le Real veut laver l’affront. Et cette fois, il répond présent.

Les hommes de Xabi Alonso s’imposent deux buts à un grâce à des réalisations de Mbappé et Bellingham. L’association entre l’entraîneur espagnol et la Maison Blanche semble fonctionner à merveille. Le Real apparaît plus équilibré, plus discipliné, presque convaincant. Mais un détail vient déjà fissurer la façade. À la 71e minute, un premier éclair tombe sur le Santiago Bernabeu. Vinicius Jr est remplacé par Rodrygo malgré une prestation correcte. Une décision forte, sans doute une erreur, mais qui n’aurait jamais dû provoquer une telle réaction. Là où un leader aurait quitté le terrain sans broncher, certainement contrarié mais digne, le Brésilien explose de colère. Il ignore son entraîneur, évite son staff et rentre directement aux vestiaires. 

Après la rencontre et la polémique qui suit, Vinicius publie finalement un message d’excuses. À tout le monde : supporters, staff, président, … mais pas à Xabi Alonso, pourtant premier concerné. Premier signe d’une fracture interne grandissante, aussi bien entre l’entraîneur et certains joueurs qu’entre le coach et sa direction. Car si Xabi Alonso commet probablement une erreur de management en sortant Vinicius à ce moment du match, il n’est jamais réellement soutenu par le club. Le Brésilien ne présente aucune excuse directe à son entraîneur et, surtout, aucune sanction ne tombe. La fameuse « république des joueurs », que le Real Madrid pensait avoir enterrée avec le départ de Carlo Ancelotti, est toujours bien présente. Et ce n’est encore que le début des problèmes.

12 JANVIER 2026 – DÉPART DE XABI ALONSO

Très vite, Xabi Alonso comprend qu’il ne gagnera jamais cette bataille.
Non pas car ses idées sont mauvaises. Mais parce qu’au Real Madrid, les idées ne suffisent plus. L’entraîneur espagnol se retrouve progressivement abandonné par sa direction, à l’image de l’épisode Vinicius Jr-Classico. En vérité, Florentino Pérez ne l’a jamais véritablement choisi. Il était avant tout le candidat défendu par José Ángel Sánchez, directeur général du club. À la moindre turbulence, Alonso se retrouve seul face aux egos de ses joueurs. Une partie du groupe l’apprécie énormément, notamment Kylian Mbappé et Aurélien Tchouaméni, au sommet de leur saison respectives sous Xabi Alonso. D’autres, comme Vinicius Jr, Federico Valverde ou Jude Bellingham ne supportent pas ses méthodes. Des entraînements trop intenses, trop exigeants, des séances vidéo à rallonge et une discipline tactique qu’ils refusent peu à peu d’accepter. Pendant que certains réclament davantage de rigueur, d’autres veulent retrouver la liberté totale accordée sous Carlo Ancelotti. Deux visions s’opposent à l’intérieur même du vestiaire madrilène. Et au milieu du chaos, Xabi Alonso coule, seul face au naufrage d’un club qui devait se bâtir autour de ses idées. 

Le 12 janvier 2026, au lendemain d’une défaite 3-2 en Supercoupe d’Espagne face au Barça, le technicien espagnol quitte finalement le navire d’un commun accord, alors que le Real Madrid est encore leader du championnat. L’une des plus grandes erreurs de la direction madrilène mais aussi un aveu d’échec terrible : quelques caprices auront suffi pour faire imploser l’un des entraîneurs les plus prometteurs d’Europe, six mois après son arrivée. Pour le remplacer, le Real Madrid choisit Álvaro Arbeloa. Une décision de nouveau accueillie de manière bien différente selon les clans. Pour certains, c’est une libération. Pour Kylian Mbappé, c’est le début de la fin. Le numéro 10 de la maison blanche n’avait jamais caché son affection pour Xabi Alonso, en qui il voyait un homme capable de construire un vrai collectif autour de lui, et d’aller chercher cette fameuse Ligue des Champions. Après son départ, Mbappé ne montre plus la même implication. Blessures, frustrations, tensions internes, son attitude change du tout au tout. Point culminant de cette fracture sportive, l’attaquant aurait même simulé une gêne physique avant la dernière confrontation face au FC Barcelone après avoir appris qu’il débuterait sur le banc.

Pendant ce temps, Vinicius reprend le contrôle dans le vestiaire et sur le terrain. Profitant de la blessure – cette fois bien réelle – de Mbappé, le Brésilien redevient le visage principal du projet madrilène. Si Xabi Alonso avait tenté d’instaurer des principes de jeu poussés quitte à en oublier la gestion de ses hommes, dont Vinicius Jr, Arbeloa fait un pari opposé à celui de son prédécesseur. Moins de rigidité tactique, davantage de management humain. Avant de construire une équipe, il veut reconstruire un groupe. Mais là encore, c’est un échec. Le Real Madrid est éliminé de la Coupe d’Espagne face à Albacete, et, de nouveau, les joueurs sont déresponsabilisés. Arbeloa adopte alors un mantra qui finira par le condamner « c’est de ma faute ».  Les clans se multiplient, les tensions deviennent permanentes. Certains joueurs comme Jude Bellingham et Kylian Mbappé ne se parlent plus. D’autres remettent ouvertement en question les choix du staff et du coach, qualifiant Arbeloa de simple « plot ». Le Real Madrid n’est plus une équipe. C’est une somme d’individualités en guerre froide. 

MAI 2026 – L’EXPLOSION

Pendant des mois, malgré quelques éclats publics, les tensions madrilène sont restées souterraines. Des regards noirs, des clans, des désaccords internes, des reproches à demi-mot. Puis, tout a fini par exploser au grand jour. 

Tout d’abord, sur les réseaux sociaux. Après une victoire du Real Madrid face à l’Espanyol de Barcelone sans Kylian Mbappé, Jude Bellingham publie plusieurs photos de célébrations sur Instagram. Une première de l’équipe entière, toujours sans le Français, puis une autre, qui attire encore plus l’attention. Un cliché de lui-même enlaçant Vinicius Jr, agrémenté d’un petit clin d’œil qui veut tout dire. Un sous-entendu à peine masqué qui ressemble fortement à un message envoyé à son numéro 10 : on n’a pas besoin de toi. Sur internet, l’affaire prend immédiatement des proportions énormes. Le vestiaire du Real Madrid ne cherche même plus à cacher ses fractures. Quelques jours plus tard, le chaos franchit encore un cap.

Lors d’un entraînement pourtant loin d’être intense sous les ordres d’Arbeloa, une bagarre, ou du moins une violente altercation, a lieu entre Aurélien Tchouaméni et Federico Valverde. Depuis plusieurs séances déjà, les tensions étaient fortes autour de l’agressivité de l’Uruguayen vis-à-vis du Français. Cette fois, malgré les tentatives d’apaisement du coach madrilène, la situation dégénère totalement. La bagarre devient violente. Aurélien Tchouaméni aurait poussé son coéquipier uruguayen qui se serait cogné sur une table en se relevant, d’après la version la plus crédible relayée à ce jour. Valverde finit à l’hôpital, le crâne ouvert. Le club inflige une amende de 500 000 euros aux deux joueurs. Du jamais vu dans un club du prestige du Real Madrid. 

Et comme si cela ne suffisait pas, une autre altercation éclate le même jour entre Antonio Rüdiger et Álvaro Carreras. L’Allemand, mécontent de l’attitude de son coéquipier, le gifle en plein entrainement. Selon plusieurs sources, ce ne serait pas le premier accrochage entre les deux. Pire encore, Rüdiger ne serait pas à son coup d’essai puisqu’il aurait déjà frappé un membre du staff quelques semaines auparavant.

Au milieu de ce climat délétère, une image fait énormément parler : Kylian Mbappé, toujours lui, quitte la séance tout sourire devant les caméras. Un simple hasard, sans doute. Mais pour beaucoup de supporters madrilènes, cette scène devient le symbole parfait d’une équipe totalement déconnectée d’elle-même.

Et Mbappé va encore aggraver son cas. Déjà critiqué après avoir quitté un entraînement avant le dernier Clasico, officiellement blessé, juste après avoir appris qu’il ne serait pas titulaire, le Français multiplie les maladresses publiques. Le jeune crack qui maitrisait sa communication d’une main de maître semble bien loin. Pendant un Barça-Real où son équipe est menée 2-0, Mbappé publie une story « Hala Madrid » devant sa télévision. Un moment particulièrement mal choisi pour le Français, un message interprété par beaucoup comme une manière de dire : « vous ne gagnez pas sans moi ». Une semaine plus tard, après le dernier succès en date face au Real Oviedo, il en remet une couche face aux journalistes : « Les gens se plaignent quand je démarre tous les matchs, mais quand je n’ai pas joué en Copa, on a été éliminés ». La manière est différente, mais le message reste le même : vous ne gagnez pas sans moi. Une déclaration jugée irresponsable en Espagne, tant elle rabaisse indirectement ses propres coéquipiers.

Le Français continue ensuite sa sortie médiatique en expliquant qu’il ne regarde pas les conférences de presse d’Arbeloa, que lui « dit les choses clairement », contrairement à d’autres. Il reconnaît également devoir « travailler davantage » pour repasser devant Mastantuono et Gonzalo García dans la hiérarchie offensive. Une ironie particulièrement malvenue au milieu du chaos qui règne dans la capitale espagnole. Le tout quelques minutes seulement après avoir été sifflé à son entrée par le Bernabéu, dans un contexte déjà extrêmement tendu où une pétition — certes largement gonflée artificiellement — circule même pour réclamer son départ.

Mais réduire l’anarchie madrilène au seul Mbappé serait une erreur. Car au même moment, Álvaro Arbeloa change lui aussi radicalement de discours. Jusqu’ici très protecteur envers son groupe, se désignant coupable après chaque faux pas, l’entraîneur espagnol comprend progressivement qu’il ne survivra pas à la saison. Alors il cesse d’absorber seul les critiques. Il y a quelques semaines déjà, Arbeloa accusait à demi-mots ses joueurs de refuser de faire les efforts collectifs, attaquant directement Kylian Mbappé, Vinicius Jr voire Bellingham dont l’attitude pose question. Loin du fameux « tout est de ma faute » des mois passés. Cette fois, le coach merengue vise directement Kylian Mbappé après une déclaration du Français sur la meilleure structure collective du Real en début de saison : « Peut-être qu’il (Mbappé) marquait surtout plus de buts à ce moment-là. Moins maintenant… »

Le divorce est total. Dans le même temps, les sorties médiatiques du buteur madrilène, ses apparitions régulières avec sa compagne et son attitude générale alimentent encore davantage les débats en Espagne. Aux yeux d’une partie du public, le Français devient l’image d’un Real Madrid arrogant, individualiste et incontrôlable. 

MBAPPÉ, SYMPTOME D’UN MAL PLUS PROFOND

Le problème, pourtant, dépasse largement le numéro 10 madrilène. Certes, Mbappé est le visage de l’échec. Mais Florentino Pérez en est probablement le coupable. En 2024, le président madrilène a fait venir le Français par pure obsession personnelle, fermant les yeux sur la logique sportive. Au moment de sa signature, le Real Madrid vient de remporter la Ligue des champions et possède déjà plusieurs superstars offensives dont la difficile entente footballistique avec Mbappé était prévisible. Mais Pérez voulait le Parisien depuis des années. Alors il s’obstine, persuadé que son talent et ses statistiques suffiront à résoudre tous les problèmes. Le résultat est inverse. Le Real Madrid sort de deux années blanches, ou presque, et semble maintenant très loin de son rival catalan dans l’avancée de son projet. D’autre part, et c’est tout aussi grave, le président ne soutient jamais réellement ses entraîneurs, accorde des libertés immenses à certaines stars et donne progressivement l’impression d’avoir perdu le contrôle.

 

Aujourd’hui, le Real Madrid est un club au bord du gouffre. Et un constat commence déjà à agiter Madrid avant même l’ouverture du mercato estival : pour éviter une nouvelle saison catastrophe, l’un des trois visages du projet devra partir. Vinicius Jr, Jude Bellingham ou Kylian Mbappé. Le Real Madrid devra choisir. Et pendant que le vestiaire madrilène se déchire, un autre nom commence déjà à revenir avec insistance dans les couloirs du Bernabéu. Selon plusieurs sources espagnoles, José Mourinho reprendra les rênes du Real Madrid la saison prochaine. Treize ans après son départ, le “Special One” pourrait retrouver un club plus instable que jamais.


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