Indomptable, imperturbable, impitoyable. Tant d’adjectifs pour décrire une nouvelle performance de haut vol de Carlos Alcaraz. Victorieux pour la sixième fois en autant de confrontations face à Alex De Minaur, l’Espagnol n’a fait qu’une bouchée du 6ème mondial (7-5, 6-2, 6-1) et rallie, pour la première fois de sa carrière, les demi-finales de l’Open d’Australie. Déjà sa dixième demi-finale en Grand Chelem, plus au total pour son âge derrière un certain Rafael Nadal.
Déjà tombeur d’Alex De Minaur au Masters en novembre (7-5, 6-2), Alcaraz a de nouveau triomphé malgré un Australien transcendé par le soutien indéfectible de son public. Mais ça n’aura pas suffi à faire tomber le numéro 1 mondial. Après un gros relâchement à 3-0 qui a permis à son adversaire de revenir à 3-3 puis de se retrouver à 5-5, Carlitos a lâché les chevaux. Moins de fautes directes, plus d’autorité, Alcaraz n’a laissé que peu de place au suspens dans les deuxième et troisième manches (6-2, 6-1).
INNARÊTABLE ?
Dans la lignée d’une fin de saison 2025 canon, le vainqueur du dernier US Open continue d’impressionner. Appliqué, sérieux, imprévisible, l’Espagnol poursuit sa route vers le titre sans concéder un seul set. Il peut pour cela compter sur une nouvelle arme : la concentration. Longtemps décrit comme un joueur inconstant avec la fâcheuse habitude de laisser filer quelques, Alcaraz a « beaucoup travaillé » sur ce point : « Gagner concentration a été l’un de mes principaux objectifs […] je suis très fier de voir tous ces efforts porter leurs fruits ». Vainqueur de 36 de ses 37 derniers sets, un record dans l’ère Open pour un joueur masculin, le Murcien est métamorphosé.
Et pourtant, son autre nouvelle arme, le service, l’a un peu lâché. Avec seulement 58% de première balle, et face à l’excellent retourneur qu’est Alex De Minaur, Carlitos a souvent débuté ses jeux de service à 0-15 ou 0-30. Mais quand le numéro 1 mondial décide de passer à la vitesse supérieure… il devient presque inarrêtable.
UN PLAFOND DE VERRE
Mais il y en a un pour qui la marche reste encore trop haute : Alex De Minaur. Jusqu’alors irréprochable, l’Australien bute de nouveau aux portes du dernier carré. Tandis qu’Alcaraz validait sa dixième participation à une demi-finale de Grand Chelem en face, Bip Bip échoue lui pour la septième fois en autant de tentatives à ce stade de la compétition. Un triste bilan, renforcé par des défaites très récurrentes face aux membres du top 10.
Pourtant, le premier set de ce quart de finale laissait croire que Demon tiendrait la dragée haute à Carlitos. Plus agressif que jamais, lui dont le jeu repose avant tout sur la défense, présent dans les quatre coins du court malgré les sacoches d’Alcaraz, De Minaur a, un temps, réunis tous les ingrédients pour s’offrir une demi-finale.
Mais cette tentative d’adaptation, cette transformation en un joueur offensif a un prix. Tant que les batteries sont pleines, que la sueur ne coule pas encore des tempes, que les jambes répondent, l’illusion tient. Mais elle ne dure qu’un temps. Rapidement dépassé, De Minaur s’est finalement incliné en trois sets à domicile, symbole des limites d’un joueur qui, face aux grands – ou aux très grands comme ce matin – peine encore à franchir un cap.
Dernier obstacle sur son chemin vers la finale qu’il désire tant, Alcaraz devra se mesurer à Alexander Zverev au sommet de sa forme. Vainqueur de Learner Tien en quatre manches (6-3, 6-7, 6-1, 7-6), l’Allemand réalise jusqu’ici une campagne parfaite et s’avance comme un sérieux danger pour le numéro 1 mondial sur dur. Pas de quoi effrayer l’Espagnol, confiant : « Ça va être une grande bataille. Je sais ce que j’ai à faire et je serai bien préparé. Et s’il veut me battre, il devra beaucoup transpirer ». Réponse vendredi matin.
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