On l’avait dit dans notre preview, Lando Norris était le favori de ce grand prix de Zandvoort et il l’a fait savoir ! D’abord avec une pole position en qualification puis avec une première place en course, il le dit lui-même, lui et McLaren ont « plané » au dessus du reste des pilotes.
Après un départ raté où il aura laissé Max Verstappen lui chiper la première place, le britannique s’est parfaitement repris, réalisant enfin la course « parfaite » tant attendue. Avec 22,8 secondes d’avance sur son rival néerlandais du jour, Norris signe le record d’écart de la saison, laissant sur le carreau un Verstappen frustré mais réaliste, déclarant dans la foulée du Grand Prix qu’il ne « pouvait pas rivaliser avec McLaren ». Le triple champion du monde qui, malgré de gros efforts et un départ remarquable, n’aura pas pu gommer le retard de sa monoplace sur celle du concurrent orange. Après seulement une vingtaine de tours, Verstappen confiait déjà à son team que la « voiture ne répondait pas ses ordres ». Avec un vent qui soufflait très fort sur le circuit, la RB-20 n’aura pas tenu le rythme de la McLaren. Une impression partagée par son coéquipier, Sergio Perez qui aura lui fini 6ème, une course peu convaincante pour celui qui avait récemment déclaré « pouvoir renverser sa saison sur les dix prochains Grand Prix ». Malgré tout, il affiche une pointe d’optimisme puisqu’il affirme « savoir ce qui ne va pas avec la voiture ». Reste désormais à savoir si Red Bull sera en mesure de régler ces problèmes avant que McLaren ne passe devant. Pour confirmer son regain de forme et déjouer nos pronostics, c’est le monégasque Charles Leclerc qui complète le podium ce week-end. Grâce à une très belle course avec comme climax un undercut redoutable sur Oscar Piastri et George Russell, Leclerc rassure après un début de week-end inquiétant du côté de la Scuderia. D’habitude pessimiste, il se sera montré confiant et satisfait aux micros de Canal +. Lui qui se « satisfait rarement d’une troisième place » voit plus celle des Pays Bas comme une « belle surprise » plutôt qu’une déception. En plus d’une confiance retrouvée, Leclerc pourra compter sur de nombreux upgrades la semaine prochaine à Monza pour continuer la bonne remontée de son écurie.
Un Grand Prix plein de promesses pour Ferrari puisqu’en plus d’un podium pour Leclerc, Carlos Sainz aura également impressionné , décrochant une belle cinquième place. L’espagnol, dans la continuité de son coéquipier, s’est montré satisfait de sa performance déclarant que « la vitesse et les sensations avec la voiture étaient bien meilleures ». C’est en revanche un week-end « frustrant » pour un exigeant Oscar Piastri qui aura pourtant terminé en quatrième position. Malgré ce bon résultat, on peut comprendre la déception de l’australien qui visait le podium mais qui n’aura pas réussi à dépasser Charles Leclerc, longtemps bloqué dans le dirty air du pilote Ferrari (Lorsqu’une voiture reste longtemps derrière une autre, on dit qu’elle est dans le « dirty air ». L’air chaud de la monoplace de devant vient accélérer la détérioration des pneus de la seconde. Une situation particulièrement agaçante car, en plus de ne pas pouvoir dépasser, le pilote voit l’état de ses pneus empirer plus rapidement qu’à la normale). Vient s’ajouter un mauvais départ que Piastri, contrairement à Norris, n’aura pas su corriger, probablement à cause de son manque d’expérience.
Dans la catégorie des déçus, c’est le britannique George Russell qui rejoint Piastri. Quatrième sur la grille départ, le pilote de Mercedes termine au final septième après une course étrange. D’abord parti sur un très bon rythme, dépassant Piastri et restant au contact de Norris, il aura visiblement été plombé par l’undercut de Leclerc. C’est une entrée au stand très surprenante au 55ème tour qui aura achevé Russell, lui faisant perdre sa position au profit de Sainz et Perez. Russell, lui, pointera du doigt les pneus qui selon lui « n’auront pas fonctionné », comme pour beaucoup de pilotes. Une course légèrement plus heureuse pour Lewis Hamilton qui avait démarré à la quatorzième place suite à une pénalité (discutable) de trois positions causée par un incident avec Checo Perez en séances qualifications. Hamilton aura finalement adopté une stratégie très agressive, utilisant des pneus tendres deux relais sur trois. Une stratégie qui lui aura permis de regagner six places, finissant juste derrière son coéquipier.
Après les déceptions, c’est au tour des surprises d’entrer en scène ! Ou plutôt à la surprise, parfaitement incarnée par Pierre Gasly ce week-end. Comme nous l’avions annoncé dans notre preview, le pilote Alpine aura réalisé une super course, notamment grâce à un départ de grande qualité, permettant à son écurie de prendre des points qui se sont fait rares durant la première partie de saison. Un départ gagnant visiblement réfléchis en amont par le français : « Très bon départ, je savais que généralement à l’extérieur si on a la place on arrive à gagner pas mal de vitesse, j’avais déjà ça en tête et je pense que ça nous a vraiment mis dans une bonne position pour gérer le reste de la course ». Gasly n’aura pas boudé son plaisir, très heureux de retrouver le championnat de cette façon. Comme prévu, ça aura malheureusement été plus compliqué pour Esteban Ocon, quinzième. Malgré un « week-end difficile », Ocon pense avoir « fait ce qu’il a pu au vue de la performance de la veille ». Un Grand Prix des Pays-Bas qui restera néanmoins positif pour Alpine qui fêtait la première de Oliver Oakes en tant que team principal.
C’est Aston Martin qui aura sûrement le plus déçu hier. Au départ septième et huitième, Alonso et Stroll terminent finalement aux dixième et treizième rang. L’Espagnol avait annoncé la couleur quelques jours auparavant : « J’ai les pieds sur terre et je ne peux pas dire à quiconque que nous nous battrons pour les victoires cette année parce que je mentirais. Il y a un grand écart avec les meilleures équipes ». Une déclaration qui confirme déjà que la saison est presque terminée pour Aston Martin qui va désormais se focaliser sur le développement de sa monoplace, espérant être plus compétitifs en 2025. Nous pouvons aussi souligner la petite remontée d’Alex Albon qui finit quatorzième après avoir été disqualifié des qualifications samedi pour des problèmes de plancher. Logan Sargeant finit lui seizième.
Mais c’est Kevin Magnussen qui a sûrement passé le pire dimanche. Déjà pénalisé par une obligation de démarrer de la voie des stands après des soucis d’unité de puissance durant les qualifs, sa course n’aura rien arrangé. Avec un blocage dès le sixième tour et un arrêt au stand plus que tardif, rien n’a souris au pilote de Haas hier. Un peu mieux pour son coéquipier Hulkenberg qui finit aux portes des points. Yuki Tsunoda aura lui aussi déçu sur cette course. Habitué à de solides performances, le japonais aura dégringolé passant de onzième à dix-septième. A l’inverse, Ricciardo a fait mieux que d’habitude avec une encourageante treizième position. Pour finir, Sauber a encore confirmé qu’elle était la pire écurie du plateau, occupant les deux dernières places et pointant toujours à zéro points en championnat.
C’est donc Lando Norris le grand vainqueur de ce Grand Prix des Pays-Bas plus qu’intéressant. Avec un triplé (Pole position en qualifs, première position en GP et meilleur temps au tour), le britannique envoie un message fort à ses adversaires à l’aube d’une seconde partie de saison qui s’annonce palpitante. Bien que Verstappen ne soit pas encore en danger au classement pilotes malgré une cinquième course sans victoire, c’est différent pour son écurie qui voit McLaren revenir à trente petits points. Si Perez ne se réveille pas, ça risque de se compliquer pour l’écurie autrichienne. Rendez-vous vendredi pour la preview du Grand Prix de Monza. Pas d’inquiétude, on se retrouvera avant pour d’autres sports !
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